Le Proteion, Organe de l’Affect ?

C’est de 1980 à 1985, en pratiquant l'analyse des profils protéiques, que le Dr Bernard Vial, homéopathe, fait le lien entre la distribution des taux de protéines sanguines et l'état affectif de ses patients. Les remèdes homéopathiques recommandés par le logiciel du CEIA (Centre européen d'informatique et d'automation) ciblent plus particulièrement les conflits affectifs de ses patients. Durant quinze ans, il approfondit ses recherches à la faculté de médecine à Montpellier. En 1994, il formalise son idée avec la notion de protéion.

En effet, le sang est un canal privilégié de transmission. Des artères aux capillaires, le réseau sanguin s'étire sur près de 150 000 km. Traversé d'ondes de pression, de molécules d'oxygène et par plus de 500 protéines distinctes, le milieu sanguin offrirait avec ses protéines un autre mode de communication. Elles représentent à elles seules quelque 300 000 ml de surfaces conjuguées. De quoi véhiculer et supporter une immense quantité d'information !

Dans la revue Nature, le neurobiologiste Denis Bray de l'université de Cambridge, compare ces réseaux de protéines biologiques à des composants informatiques. Il affirme que toute protéine qui transforme une information en un signal peut agir comme un élément de gestion et de transfert de l'information'.

Cette nouvelle frontière de l'électronique - une électronique moléculaire organique, tirant parti des cellules et des protéines du vivant pour écrire et conserver de l'information - est de plus en plus étudiée au sein des labos du monde entier. Avec la maîtrise de l'infiniment petit, il ne s'agit plus de théorie, mais de recherche appliquée.

Logé au cœur du sang, formé par les différents types de protéines du plasma, le protéion serait l'organe de réception et de circulation de l'information émotionnelle. Le siège du «ça». «Faire le profil des protéines du sang d'une personne, c'est faire son portrait affectif, affirme-t-il. Le protéion est le siège du "ça", de l'inconscient émotionnel cher aux psys. C'est un organe au sens où il concourt à la réalisation d'une fonction physiologique, qu'il est anatomiquement limité, et que sa structure a été reconstituée par informatique.»

Selon le Dr Bernard Vial, la sensibilité des protéines du sang forme un organe avec d'extraordinaires capacités de communication. «Les protéines portent non seulement l'expression du code génétique ainsi que des messages liés à leur vécu, elles sont surtout hautement réactives à l'environnement et capables d'amplifier les communications intra et extra-cellulaires.» Les hormones, par exemple, enregistrent et font circuler toutes les informations de l'ordre du désir. Si l'ensemble protéique subit un stress, une protéine en portera le message. Message ensuite qu'elle retransmet quasi immédiatement à toutes les protéines autour d'elle au sein du milieu sanguin.

«Le sang avec ses protéines est en quelque sorte le premier organe à se former. A la fécondation, lorsque l'ovule et le spermatozoïde se mettent à se diviser, dès que vous avez la morula, le mésoderme qui va devenir très rapidement le sang, une forme de sang primitif, est déjà là. C'est une substance protéique impressionnable et réactive dès les premiers jours, explique le médecin. Au vu de ma pratique et de mes recherches, dire que le protéion est un organe essentiel de la communication, et notamment de la communication affective, ouvre plus de possibilités que des bilans tissulaires. Mais imaginez ce que c'est que d'inventer un nouvel organe en médecine... ».

 

NEXUS 73, mars-avril 2011, pp.54-61 : « le sang à contre courant »